Ma réponse du 16/10/2006 après avoir lu ton aimable intervention (de M. Chakroun) du 15 octobre 2006 reflétait un premier sentiment. Je voudrais y revenir pour te répondre, si tu me le permets, point par point dans le cadre de cette chronique du Fou Cloueur avec l’espoir de relancer le débat sur un sujet qui nous concerne tous.
1./ Les changements de certains articles du statut de la FRME validés par l’AGE du 29/11/2003 n’ont aucunement influencé sur un réel développement et progrès de notre sport. C’est un constat. Sans nier les efforts respectables des dirigeants qui y ont contribué de bonne foi.
Mon dernier article « La FRME : Revoir son organisation » dans le cadre de la Chronique du Fou Cloueur n°12 publié le 9 octobre 2006 sous-tendait une force d’ouverture pour un débat sain sur la base de la réalité actuelle dans laquelle se débattent les échecs marocains.
Ici, il n’est pas question de s’amuser et de fixer une situation parce que des hommes ont fait un travail colossal louable. Il est plutôt question de faire sortir notre sport du cercle vicieux dans lequel il tourne en rond depuis des années. Un changement de statut ou d’organisation interne exprime seulement une remise en question de soit et une volonté d’aller toujours de l’avant pour approcher l’idéale.
S’il faut les changer, eh bien changeons les. Cela ne voudra pas dire, encore, qu’on va pour autant s’amuser. Non la situation est tellement grave. Rien n’est parfait dans notre bas monde. Nous sommes toujours contraints de nous améliorer et de nous adapter aux mutations environnantes.
Ici nous avons un président incontrôlable qui nuit plus aux échecs qu’il les sert. Car fermé aux réformes en profondeur et salutaires et en plus rancunier comme pas un. Tu es bien placé pour le savoir. Combien de propositions judicieuses lui as-tu présenté ? A-t-il écouté tes propositions ? Oui ! Les a-t-il pris en compte pour application ? Non ! Voilà la différence et où réside une grosse partie du problème actuel de notre sport.
Tu n’es pourtant pas né de la dernière pluie avec ton immense expérience. C’est la même chose pour moi, pour Mohammed Hajaj, Moubarak Rian et pour beaucoup de compétences nationales. Je serais heureux qu’elles puissent le dire ici. 99% de compétences et de cadres, parmi lesquelles tu figures en bonne place, sont marginalisés alors que leurs apports et leurs contributions sur le terrain national, notamment au niveau organisationnel et technique, nous auraient fait gagné des années de progrès qui ont été perdues, gaspillées. Au détriment de nos jeunes.
Où est l’objectif (promesse entre autres) d’Amazal pour fournir au Maroc 5 GMI ?
•Oui, tu as parfaitement raison en ce qui concerne la non maîtrise des statuts fédéraux par beaucoup de dirigeants (pas tous heureusement, ils sont un petit groupe). Faut-il en pleurer ou en rire. Aucun des deux. Comme je l’ai déjà dit la FRME est le reflet du niveau de nos clubs. Dont la majorité est une coquille vide. Si la FRME se mettait à conditionner l’affiliation à elle des clubs par l’acceptation d’un cahier de charge avec un minimum de clauses (nombre d’adhérents par catégorie (notamment les filles - école d’échecs – cadres - arbitres etc) on serait étonné du nombre restreint de clubs affiliés à la FRME. Mais pour le développement de notre sport la FRME encourage la prolifération de clubs pour des raisons de propagande ou d’élection. C’est la quantité au détriment de la qualité.
•Tu soulèves un point très important dans l’élection du président et la libre composition par ce dernier du bureau. Cette violation du statut nous a tué et elle continue à le faire !!! Ca ne marche plus, il faut l’éliminer coûte que coûte car elle permettra un tant soit peu une gestion plus démocratique que ces dernières années.
•Pour les remèdes que tu proposes pour sortir les échecs marocains de la situation actuelle, je te donne les miennes pour comparaison sachant que beaucoup de personnes ont également leurs propres suggestions et qu’il faudrait unifier les idées dans le cadre d’un séminaire élargi avec des recommandations qui soient APPLIQUABLES dans les deux saisons suivantes.
a) Tu proposes : « Maîtrise des statuts de la FRME par les présidents des ligues et des clubs ».
Je réponds : « Changement d’urgence de l’actuel président de la FRME par un homme rassembleur sachant ou il doit mener les échecs marocains »
b) Tu proposes : « L’encadrement des clubs par les présidents des Ligues ».
Je réponds : « Encadrement des composantes des échecs marocains : dirigeants (il faut les former), cadres, arbitres, joueurs, joueuses et vétérans (qui ont leur mot à dire et leurs immenses compétences par des commissions spécialisées stables efficientes. Quand je dis efficience, je pense avec le minimum de moyens. Il ne faut pas lier les mains de ces membres ».
c) Tu proposes : « Les gens doivent avoir une culture basée sur le patriotisme et pour laquelle c’est l’intérêt national qui prime et non pas l’intérêt personnel. Et malheureusement sur la scène échiquéenne nationale plusieurs personnes ne cherchent que l’intérêt personnel ».
Je réponds : « C’est pas évident de trouver tant d’hommes de cette qualité. Cependant avec un environnement fédéral structuré à tous les niveaux cette gangrène sera fortement réduite. Car qui dit structure dit travail et qui dit travail dit compétence et enfin qui dit compétence dit production. Quand l’homme produit il ne peut prétendre à un privilège quelconque au détriment de la collectivité ».
d)Tu proposes : « Le changement est tributaire du savoir-faire des présidents des clubs et des ligues ».
Je réponds : « Pour les clubs s’ils voient qu’ils se meuvent dans un cadre fédéral PORTEUR automatiquement il s’adapteront ou disparaîtront. C’est la loi de la nature. Pour les ligues : Que les statuts (encore un questionnement aux statuts fédéraux) donnent plus de pouvoir à ces pauvres présidents qui ne savent plus ou donner de la tête. Que ce soit au niveau des compétions, administratif (des licences entre autres) et de l’encadrement régional pour ne citer que ceux-ci. Que la FRME leur lâche plus de finances pour qu’ils puissent « bouger ». Et que les présidents des ligues cherchent d’autres ressources financières. Faire notamment le pied de grue devant leur collectivité locale (Municipalité et province). Et pourquoi pas avec le soutien de la FRME sur le terrain avec un dossier en bonne et due forme. L’aide aux associations est inscrite noire sur blanc dans la charte des collectivités locales, c’est un droit et non une mendicité !) ».
e)Tu proposes : « Pour qu’un changement réussisse les gens doivent laisser à part les conflits personnels ».
Je réponds : « Cela dépend, et dépend seulement, du président de la FRME qui doit être diplomate, avoir un esprit large, savoir traiter les hommes avec délicatesse, autre que d’une manière générale et avoir l’art de résoudre les entourloupettes qui ne manqueront pas de jaillir, c’est inévitable, ici et là de temps en temps. Bref un homme qui sait éteindre les étincelles et manier respectueusement et dignement les hommes d’échecs qui sont une race spécifiquement ardue.
f)Enfin tu proposes : « Le changement est tributaire de la régularisation de la situation administrative des clubs et là c’est l’affaire des présidents des ligues qui doivent assumer leur responsabilités ».
Je réponds : « Le club en règle est affilié à la FRME et la Ligue. Le club qui n’est pas en règle n’est pas affilié à la FRME et la Ligue. Autrement dit : En règle : « Marhaba ». Pas en règle : « Lah y Aâoune ».
Fini de traîner les boulets aux pieds. C’est simple comme bonjour.
Enfin un dernier point que tu as noté avec opportunité et que j’ai laissé pour la fin de cette chronique :
Tu as mille fois raisons de dire : « Et là je vais vous rafraîchir la mémoire pour vous dire que le calvaire de la situation actuelle des échecs marocains a commencé lors de la réélection de M. Amazal à la tête de la FRME pour un 2ème mandat. »
Chapeau bas cher Si Mohammed. Il n’y pas plus clairvoyant et honnête !
Boujemâ Kariouch





