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Chronique du Fou cloueur

12. La FRME : Revoir son organisation

Publié le lundi 9 octobre 2006.


Quelle confusion ! Jamais les échecs marocains ne se sont trouvés dans la situation qui est la leur actuellement. En raison d’une gestion centralisée enrichie de multiples dérapages, d’une attitude des clubs d’échecs nationaux résignés à subir sans se plaindre, ou du moins pas à haute voix, se sentant impuissants face à cette fédération complexe et autoritaire. On pourrait continuer ainsi sans fin tellement les maux abondent.

Au delà de l’impérieuse nécessité d’opérer un changement au niveau de la présidence de la FRME, il s’agit aussi de revoir et de repenser l’organisation de cette dernière. Une organisation qui a permis à un président de se permettre tous les abus qui sont aujourd’hui de notoriété publique. Et qui ont fait beaucoup de mal !

Le Maroc connaît des mutations profondes notamment sur les plans politique, économique, social, culturel et sportif. Il n’échappe nullement au phénomène de la mondialisation (globalisation) qui risque de porter un coup dur à tout ce qui n’est pas au niveau requis quelque soit le domaine dans lequel il se meut. Cet environnement sera plus exigeant à l’égard de notre fédération à laquelle nous reprochons tant. Pour faire face aux exigences de notre temps, mais aussi et surtout pour prévenir les abus, la fédération doit s’améliorer, changer de comportement, être à l’écoute de TOUTES ses composantes.

Malheureusement, la fédération continue à fonctionner avec les mêmes moyens et avec la même mentalité. Elle privilégie l’autoritarisme à la concertation. Elle met davantage l’accent sur le présent sans se soucier outre mesure de l’avenir. La fédération n’a pas encore compris que le monde moderne n’est plus celui de la rigidité et du contrôle. Nous sommes loins de la période où nous étions des amateurs obéissants, assistés et reconnaissants. Une fédération moderne est d’abord une fédération modeste qui se met au service d’une population échiquéenne qu’elle respecte et la comprend suffisamment pour devenir son soutien et non le contraire.

La fédération dispose d’un potentiel humain riche en savoir et en expérience qui lui permettra si la volonté existe, d’apporter les changements importants dans son organisation structurelle. Que les ligues, clubs, cadres et joueurs attendent d’elle. En toute légitimité.

Mais pour que les fonctions de la fédération puissent donner le meilleur d’elles-mêmes, il faut transformer les méthodes de travail et de prise de décision en un « pacte de bonne gestion », en élaborant des procédures réalistes dans un cadre structurel large et adéquat qui concerne toutes les composantes de notre sport. Il faut aussi que les dirigeants fédéraux donnent l’exemple en faisant preuve de plus de dynamisme et affichent une volonté réelle d’apporter des changements à triple terme. Parce que, depuis des années nous tournons tous, sempiternellement en rond ! Sans pouvoir aller de l’avant. Et c’est normal sans structures appropriées, efficaces et durables.

A la lecture de ces préalables, le premier geste dans ce sens est le changement de l’actuel président qui préfère faire la sourde oreille et continuer à fonctionner comme par le passé. Tout en remuant à droite et à gauche pour sauver ses meubles antiques lors de la prochaine assemblée générale qui sera décisive car elle conditionnera notre évolution vers l’émancipation ou vers le carcan !

Mais il faut savoir que réformer la fédération n’est pas tâche aisée car celle-ci repose sur un système hiérarchisé (Assemblée générale, conseil fédéral, bureau fédéral, commissions spécialisées, ligues régionales, clubs locaux) et tellement déficient qu’il est difficile de l’ébranler. Faut-il pour autant rester les bras croisés ? Nous pensons qu’il n’est pas dans l’intérêt de notre sport de maintenir cet état de chose. Le niveau des carences de notre discipline est devenu tellement élevé qu’il a attiré l’attention des pouvoirs publics qui perçoivent nos « problèmes » au travers des médias comme un fléau omniprésent et presque banalisé.

Et l’on sait que le regard négatif porté sur les échecs nationaux (en matière de gestion s’entend pas en tant qu’activité noble) par les responsables nationaux et locaux ne date pas d’aujourd’hui… Dans les années 1980 déjà, puis 1990, les conflits avaient attiré l’attention sur certaines faiblesses de gestion qui sont spécifiques à la fédération. Parmi ces faiblesses, on peut relever le manque de compréhension et d’écoute des responsables fédéraux suite à des demandes légitimes émises par M. Abdelhafid El Amri. Les réactions fédérales montées en épingle, ont animé à ce jour le conflit dit « Président FRME-El Amri » (Je dis bien président de la FRME et non FRME). Avec des sanctions très médiatisées. Un conflit qui se jouait non pas sur le bon sens ou la raison mais sur le personnel. On peut relever aussi les conditions d’hébergement qui ont toujours fait des éclats dans la presse nationale notamment. La liste est non exhaustive.

Un tel regard négatif handicappe la marche de la fédération et lui rend difficile l’accomplissement de sa mission. Mais il rejaillit aussi (et c’est là où cela fait le plus de mal) au niveau des ligues régionales et des clubs locaux. C’est eux qui payent la facture ! Cash !

Un tel regard négatif, l’actuel président de la fédération contribue à l’enraciner toujours un peu plus.

La fédération étant par nature une organisation fortement centralisée (en dépit de la présence des ligues qui, on le constate amèrement aujourd’hui, n’ont aucun pouvoir à quelque niveau que ce soit !!!), la réforme de son organisation s’impose et conditionne le développement et l’avenir des échecs marocains.

C’est la révolution à mener tous ensemble : ligues, clubs, cadres, joueurs et anciens dirigeants et joueurs.

Bon Ramadan à Tous !

Boujemâ Kariouch

Casablanca, Feu Mehdi Iraqui, à droite, jouant avec un adversaire

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