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Rétrospective ou effet nostalgique.

AL BAYANE – SPECIAL ECHECS DU 27/12/1993
Publié le lundi 11 septembre 2006.


Monsieur Mustapha Bakani répondait le 24 août 2006, dans le cadre de l’Editorial du Fou cloueur n 8, MAT KDARCH AALA MR AMAZAL , il écrivait dans la première partie de son intervention ceci

Cher Boujemâ, En ce moment, j’ai sous les yeux une page du journal "Al Bayane" du 15/11/1993, plus précisément la page "Sports" (page 11) (principalement basée sur le stage d’arbitrage de M. Charles Henry Rouah I. A, à Casablanca du 27-31/10/1993, note de B K) que je garde toujours, entre autres : le rédacteur de cette page qui était publiée chaque lundi, je pense, s’appelle KARIOUCH BOUJEMA. Je la garde toujours parce qu’elle me rappelle des jours où nous étions fortement attirés et fascinés par tout ce qui s’écrit sur les échecs marocains et notamment si l’auteur était marocain. Je la garde parce que à un certain moment nous attendions avec impatience cette page. 1993 ce n’est pas trop loin mais c’est largement suffisant pour créer l’effet de nostalgie chez moi même mais aussi, j’en suis sûr, chez d’autres personnes, je pense à Onkoud.

Alors, pour Monsieur Bakani en particulier et pour les lecteurs de Maroc Echecs, je ferais revivre, de temps en temps, des articles de cette période notamment. C’est très ému que je remercie très vivement M. Bakani de nous avoir rappelé une certaine période de nos activités. C’était du temps de la présidence de Ahmed Jaâfari. Je commencerais, donc, si vous me le permettez, par une interview que je reproduis telle quelle, réalisée en début décembre 1993, en hommage à un homme pour lequel j’ai une immense estime et dont j’ai été le témoin direct des efforts, pas toujours bien récompensés, qu’il a consacrés - et il continue de le faire - en faveur de notre discipline.

A mon ami : Zouheir SLAMI d’Oujda. Des moments inoubliables !


AL BAYANE – SPECIAL ECHECS DU 27/12/1993

2ème COUPE DE LA VILLE D’OUJDA

ENTRETIEN AVEC ZOUHEIR SLAMI

• — Le succès de cette Coupe sera celui d’Oujda

• — L’évolution des échecs au Maroc est lié à la multiplication de telles compétitions

Qui ne connaît pas Zouheir SLAMI sur la scène échiquéenne nationale. Le pilier solide de l’oriental, sans qui rien de sérieux ne se ferait dans cette région éloignée du centre du royaume. Connu et apprécié pour son dynamisme au niveau national et maghrébin, Zouheir SLAMI est devenu au cours des années un organisateur de premier plan pour la qualité des tournois qu’il présente dans sa ville, réussissant par là, à désenclaver la région de l’orientale qui devient, ainsi, un point de rendez-vous, presque annuel tant attendu par tous les sportifs des échecs.

Mais retraçons brièvement (c’est difficile !) sa carrière exceptionnelle avant de nous entretenir avec lui :

Zouheir SLAMI est né, bien sur, à Oujda, tout jeune il s’intéresse aux Echecs en mars 1978 ; c’est le coup de foudre qui ne le quittera plus depuis ! De 1981 à 1984, parallèlement à ses études en France, entame une carrière de joueur dans le célèbre Club Parisien Chess Max Center. Paris et sa région lui offrent de nombreuses occasions de participer dans des Tournois de différents niveaux côtoyant de nombreux maîtres français et étrangers avec lequels il s’affirme comme un joueur redoutable.

De retour au pays, Zouheir SLAMI prend, sans transition, la destinée de l’Association des Amateurs d’Oujda d’octobre 1985 à décembre 1986, saison où l’Association remporte, haut la main, la Coupe du Trône et le championnat national par équipes. A partir de ce succès, Zouheir SLAMI s’est vu confier des postes administratifs et techniques importants auxquels sa compétence et son autorité l’ont naturellement conduit : président fondateur de l’Association Isly d’Oujda depuis 1987 à nos jour, avec une brève interruption en 1996, président de la ligue de l’Oriental de 1988 à 1990, directeur national du classement, membre des commissions nationales technique et de l’arbitrage et bien sûr arbitre national. En tant que joueur international, il a fait partie de l’équipe nationale au championnat Maghrébin des Nations à Tunis et au premier championnat d’Afrique des Nations au Caire. Ayant une nette aversion pour les ternes parties, son jeu audacieux se caractérise surtout par des idées riches et variées, mais aussi par un sens inné de l’initiative. Notre Maître International Hicham HAMDOUCHI en sait quelque chose !

Tel est l’homme éminent qui a, déjà, malgré sa jeunesse une carrière sportive échiquéenne bien fournie tout en étant loin d’avoir dit son dernier mot, pour notre plus grand plaisir !

Du 22 au 31 décembre prochain, il reprend sa baguette d’organisateur pour nous offrir la 2ème Coupe d’Oujda, un beau Tournoi « Open » en 9 rondes au système Suisse, à la cadence internationale de 40 coups en deux heures puis 20 coups pour chaque heure supplémentaire et pour couronner le tout, le Tournoi est homologué par la Fédération Internationale des Echecs et la F.R.M.E., comptant pour le classement national.

C’est avec sa modestie et sa serviabilité coutumière qu’il a bien voulu répondre à nos questions :

Question : Après une absence de quatre années, la Coupe d’Oujda réapparaît dans sa 2ème édition. Pourquoi cette longue interruption ?

Zouheir SLAMI : C’est simplement dû au manque de moyens. Les instances concernées au niveau d’Oujda, autorités locales et établissements commerciaux, se sont désintéressées de cette manifestation nationale, malgré le succès de la 1ère édition.

Q. : Et pour cette 2ème édition, avez-vous bénéficié du soutien souhaité ?

Z.S. : C’est regrettable, mais aucune aide n’a suivi notre demande en ce sens, à la commune urbaine de la ville. Nous basons principalement notre financement sur les droits de participation au tournoi et sur la recette d’un livre publicitaire touchant ce tournoi.

Q. : Comptez-vous sur une participation supérieure à la 1ère Coupe d’Oujda qui a vu pas moins de 60 joueurs et joueuses issus de toutes les régions du Royaume et même d’Algérie ?

Z.S. : La scène échiquéenne nationale connaît un vide total dans l’organisation de telles manifestations sportives et ce depuis l’Open National des Jeunes que nous avons organisé en juillet 1991. Nous comptons, bien sûr, et c’est très important, sur la participation massive des joueurs (ses) nationaux, maghrébins et mêmes étrangers (France, Espagne, Belgique…) pour assurer le succès de cette compétition nationale.

D’autre part j’invite : 1) les médias à nous aider dans la promotion de ce Tournoi en vue de lui assurer un avenir prospère ; 2) les autorités locales à soutenir notre Association Isly moralement et financièrement, car en fin de compte, le succès de cette Coupe sera celui de la ville d’Oujda. Dans le même sens, enfin, je lance un appel pressant aux établissements privés afin de sponsoriser notre Coupe car sa régularité et son essor ne sont qu’à cette condition.

Q. : Parlons un peu de vous en tant que joueur. Votre participation au dernier National masculin à Casablanca, avec une 12ème place sur 24 joueurs, vous satisfait-elle ?

Z.S. : Je suis venu à Casablanca avec l’objectif de me classer parmi les six premières places constituant la sélection nationale, mais malheureusement j’ai effectué un mauvais départ à cause d’une infection qui m’a atteint le premier jour du championnat, m’obligeant à suivre un traitement médical. De ce fait, je ne pus me donner à fond. Ceci dit, je suis, toutefois, satisfait de ce classement réalisé dans des conditions assez difficiles. Je souligne que si j’avais gagné ma dernière partie contre BOUSFIHA, l’actuel champion du Maroc junior, je serai aujourd’hui, parmi les membres de l’équipe nationale.

Q. : D’autant plus que vous avez réussi à la 10ème ronde une jolie performance en contraignant le Maître International Hicham HAMDOUCHI à faire nulle !

Z.S. : Effectivement, avec BOUSFIHA, nous sommes les seuls joueurs à avoir annulé contre le champion HAMDOUCHI lequel a battu le reste de ses adversaires. D’après ce que m’a confié HAMDOUCHI à la fin de la partie, le M.I. marocain m’avait tendu un piège profond au cours de cette partie, s’attendant à ce que je ne vois pas la suite de coups me permettant de sauver mon jeu, et malgré le rythme très rapide avec lequel nous évoluons, je réussis à placer le coup qu’il fallait !

Q. : Un mot pour la fin ?

Z.S. : L’évolution des Echecs au Maroc est liée à la multiplication des compétitions du type de celle que nous organisons à partir du 22 décembre.

L’équipe organisatrice de notre Association Isly a donné l’exemple aux autres Clubs marocains pour qu’ils se mettent à l’œuvre dans ce sens, donnant ainsi l’occasion aux joueurs nationaux d’acquérir l’expérience nécessaire pour s’élever à un niveau respectable.

Enfin, et c’est sincère, je ne saurais trops remercier Al Bayane pour son « Spécial Echecs » qui comble un vide cruel concernant l’information quantitative et qualitative de notre sport.

Merci Zouheir SLAMI.

Entretien réalisé par Boujemâ Kariouch

Zouheir Slami entouré de Boujemâ et Rachid Kariouch. C’était, je crois, à la maison des Jeunes Mohamed V à Meknès en 1977 !

Au 1er Plan : Anibar et Zouheir Slami 2ème à droite C’était au complexe sportif Mohammed V lors d’un championnat national masculin en 1991…


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