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Fiction

Quelle issue pour les Echecs marocains ? (3)

Imaginons le scénario de la prochaine AGE. Troisième partie.
Publié le jeudi 28 février 2008.


’on peut déjà extrapoler sur ce que sera la prochaine assemblée générale extraordinaire. Tout d’abord, elle ne sera pas une caserne sécurisée par les différents éléments sécuritaires que sont les agents de police, inspecteurs en tête, les autorités locales et les Forces Auxiliaires.

Ils auront mieux à faire ailleurs que de perdre leur temps dans une réunion nationale. Ceci quelque soit le scénario qui se déroulera dans la salle de l’assemblée générale.

Enfin, le cours des travaux de l’assemblée générale extraordinaire reprend ses droits par la poursuite de l’intervenant qui avait été coupé de parole par l’ex-président démissionnaire. Celui-ci ne tenait plus en place. Cette personne, accusée par la commission d’enquête d’avoir induit l’ex-président en erreur en lui faisant signer des faux documents de normes d’arbitrage, rappelons le, reprend donc la parole en déclarant qu’il est trop facile de s’essuyer les mains sur les autres. Il ajoute « De nombreuses personnes ont connaissance des méthodes dictatoriales employées par l’ex-président dans sa gestion fédérale. Demandez leur, elles sont présentes ici, rien ne lui échappe, le moindre bout de papier passe sous son contrôle. Alors comment voulez-vous que nous signions des documents importants qui puissent lui échapper. C’est impensable. Je demande à l’honorable assemblée de bien discerner la réalité dans les déclarations de l’ex-président et de prendre les mesures nécessaires afin de libérer les échecs marocains pris en otage par le comportement irresponsable de l’ex-président. Je vous remercie. Enfin, pour terminer, je voudrais simplement ajouter ceci à la perspicacité de l’honorable assemblée : Si j’avais été trempé de quelque manière que ce soit dans ce dont on m’accuse, pensez-vous que j’aurais pris l’initiative de démissionner de mon poste de Directeur Technique National en laissant dernière moi des documents qui me compromettaient ».

Suit alors, un autre intervenant, il s’agit de l’ex-président. Il porte avec lui un cartable rempli de dossiers et de documents FRME qui doit bien peser dans les 20 kilos, sans compter la pile de dossiers sous ses bras. Il pose cette paperasse sur la table, à côté du représentant du ministère de tutelle et enchaîne de suite par un large tour d’horizon des problèmes depuis le début, déclenchés sans fondement par la clique du site Maroc-Echecs, jusqu’à nos jours. Ce qui prend bien quarante cinq minutes à peu près. Avec des arguments récurrents, de nombreuses fois remâchés et que l’on connait que trop qu’il serait trop long de retracer ici, en résumé il est victime d’une machination à grande échelle, il conclut en demandant le respect du rapport de la commission d’enquête, le dégageant de la responsabilité totale sur les accusations de falsifications porté contre lui par ses ennemis et par la Fide, ainsi que l’application des recommandations de la dernière AGE du 28/10/2007 qui avait refusé sa démission. En somme, il sous-tend la reprise de ses fonction de titulaire de la présidence de la FRME afin qu’il sorte du « provisoire »… Il reprend ses lourds dossiers et reprend sa place sous les applaudissements d’un groupe éparse de représentants de clubs.

Vient alors, le président de la Commission nationale de l’arbitrage qui donne des explications sur les procédures fédérales qui touchent à la gestion administrative des candidatures au titre d’arbitre Fide ou international. Il relate les dysfonctionnements, les ingérences et le blocage du rôle dans le travail de la commission nationale de l’arbitrage. Il explique pourquoi il n’a pas répondu aux convocations de la commission d’enquête. Car selon lui, cette commission était dès le départ décrédibilisée par les « hommes du président » qui s’y trouvaient et qu’elle ne peut se substituer aux décisions de la Fide, ajoutant qu’il ne pouvait répondre à ses convocations du moment où aucun représentant du ministère n’y siégeait. Affirmant par ailleurs que tout avait été préparé dans les moindres détails bien avant la tenue de l’AGE du 28/10/2007 par l’ex-président lui-même.

L’ex-président tente une énième fois de réagir de dépit en levant un bras et en criant au mensonge, mais il et rappelé à l’ordre par M. Semlali, le représentant du ministère de tutelle et certaines personnes dans la salle.

Le président de la Commission Nationale de l’Arbitrage, poursuit son intervention en faisant porter l’entière responsabilité de la situation actuelle de la FRME sur l’ex-président démissionnaire. Les falsifications, les documents signés à blanc et les attestations erronées. Il confirme l’inexistence de démocratie au sein du bureau fédéral de l’ex-président. Il demande à l’assistance de soutenir les recommandations de la commission de réconciliation et celles du conseil consultatif qui se sont réunis à Taza le 3 février dernier qu’il considère comme étant le seul moyen sage d’assainir l’état de la FRME.

S’ensuit alors une série d’interventions que l’on peut distinguer en trois catégories :

1. Ceux qui, minoritaires, demandent de tenir compte du rapport de la commission d’enquête sur l’arbitrage en proposant de mettre fin à la mission du président par intérim de la FRME et de rétablir l’ex-président à la tête de la fédération pour rétablir le bon ordre au sein des échecs marocains,

2. Ceux qui, majoritaires, demandent au respect de la chose jugée par la commission d’éthique de la Fide. Les suspensions de 3 ans pour l’ex-président et de 2 ans pour la fédération respectivement de représentativité et d’activité au sein de la Fide handicapperont les échecs marocains. Tandis qu’un nouveau président avec un nouveau bureau est à même de solliciter la levée de suspension à l’encontre de la Fédération comme l’a déjà entamé M. Semlali avec le soutien du président de l’Union Arabe des Echecs, membre du comité exécutif de la Fide. Ils ne reconnaissent par la commission d’enquête sur l’arbitrage marocain et encore moins son rapport. Ils ajoutent, chacun à leur manière, que les nombreuses suspicions entachant les finances et le matériel de la FRME demandent d’urgence des mesures pour y voir clair. Tous unanimement demandent au ministère de tutelle d’intervenir pour appuyer le président par intérim à diligenter un audit dans les plus brefs délais et qui sera présenté dans le cadre d’une assemblée générale extraordinaire à même de prendre les décisions qui s’imposent sur la base du rapport final de l’audit. Enfin, tous ces intervenants demandeent d’approuver les recommandations visant à lever toutes les suspensions en cours touchant les joueurs et dirigeants qui avaient été prises dans des conditions prêtant à controverses par l’ex-président démissionnaire.

3. Ceux, enfin, une quinzaine de personnes, qui demandent un vote de confiance en faveur du président par intérim Semlali afin qu’il démarre le programme des activités fédérales 2007/2008, poursuive l’assainissement de la fédération en prenant toutes les mesures nécessaires, même juridiques s’il y a lieu à cet effet, dans un délai qui va jusqu’à la prochaine assemblée générale ordinaire en novembre 2008. Ils demandent aussi la suspension de la prise en compte du rapport de la commission d’enquête sur les falsifications des normes d’arbitrage et la composition d’un nouveau bureau de sauvetage des échecs marocains ici même.

Une intervention et une seule sort de ces catégories : Elle émane d’un représentant d’un club casablancais qui demande au Ministère de la Jeunesse et des Sports de prendre ses responsabilités en tant que département de tutelle chargé entre autre de veiller au bon déroulement du sport marocain, et ce, en désignant une commission provisoire chargée de gérer l’assainissement de la fédération et d’y apporter les réformes adéquates, seul moyen, selon lui, d’arriver à un résultat tangible qui puisse faire sortir ce sport de sa situation dramatique actuelle.

Il est inutile de dire que toutes ces interventions furent accompagnées de tumultes, d’interventions intempestives jusqu’à leur terme à 14h30.

Il fut décidé de s’accorder 30 minutes de pause afin de calmer les esprits…

A 15h10, la réunion reprend ses droits. A signaler que l’ex-président démissionnaire ne se trouve plus au premier rang. En effet, il est assis dans les dernières places, bien entouré par un groupe de ses chers « fans ».

M. Semlali demande un peu de silence. C’est à ce moment là que le représentant du Ministère de la Jeunesse et des Sports demande à prendre la parole. Silence total dans la salle ! C’est seulement maintenant qu’on entend les bruits de l’extérieur : klaxons et moteurs de véhicules, etc)

Suivre....


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