Les derniers signes prometteurs sont peut-être le reflet d’une volonté du président ad interim de se démarquer de la politique amazalienne, mais peut-on vraiment parler d’assainissement quand la totalité de l’équipe amazalienne est toujours au pouvoir ?
Amazzal est peut-être parti, mais cela veut-il dire pour autant que la FRME a été assainie ? Rien n’est moins sûr ! Le dernier communiqué fédéral est là pour nous rappeler que des discordes existent au sein de l’équipe et que certains individus, spores persistantes d’un germe qu’on croyait totalement éradiqué, essayent de bâcler le travail de la commission d’enquête issue de l’assemblée générale extraordinaire du 28 octobre dernier sans aucun respect des procédures et tentent, par la même occasion, de saboter les efforts d’assainissement entrepris par le nouveau président.
Une chose est certaine, l’équipe fédérale d’après-guerre est divisée entre des pro-amazzaliens nostalgiques qui s’accrochent encore au pouvoir et qui feraient tout pour ramener la fédération en arrière vers les glorieuses années de plomb qui l’ont rendue tristement célèbre sur les colonnes de la presse nationale et internationale et des pro-Semlali qui osent croire que cet homme, jadis bras droit du dictateur, pourrait être l’homme incontournable de la transition et qui espèrent voir un vrai changement avoir lieu dans la structure et la façon de travailler de la FRME. Ce conflit serait assorti de manigances dignes de scénarios hitchcockiens, des manœuvres pas toujours légales visant à déstabiliser le président intérimaire et salir sa réputation par des accusations calomnieuses.
Ces manoeuvres ont en fait commencé au lendemain de la démission forcée de leur maître, avec le putsch mounibien contre Semlali. Mounib, second vice président, était alors passé outre le règement et s’était approprié la présidence ad interim, consacrant ainsi la tradition de l’illégalité permanente au sein de la FRME. Bien mal lui a pris car Semlali, le premier vice président, a non seulement su récupérer son droit, mais s’est également clairement démarqué des ex-pratiques "amazzaliennes" en affichant une volonté de relancer la FRME.
Mais comment relancer une FRME qui abrite encore au sein de son bureau des individus sans âme qui s’accrochent comme ils peuvent à un pouvoir dérisoire qui leur permet au mieux d’aller dire bonjour aux pharaons avec leurs proches et amis, devenus pour l’occasion de supers coachs ? Qui peut croire un seul instant qu’avec Mounib comme vice président et Rochdi comme secrétaire général, on pourrait encore espérer quelque chose de cette fédération ? N’ont-ils pas été les joyeux exécuteurs consciencieux et appliqués des ordres du bourreau chaque fois qu’il s’agissait d’éliminer un opposant ? Certains diront que ces disciples subordonnés ne faisaient qu’obéir, mais combien de fois n’ont-ils pas surpassé le maître dans le mensonge, les complots, la dictature et la répression arbitraire ?
Mounib, en tant que coordinateur de la commission d’enquête, n’a-t-il pas il y a quelques jours essayé d’innocenter son ex-maître, aidé en cela par la position peu claire de certains membres de la commission qui seraient "coincés" car ayant reçu des faveurs amazaliennes par le passé ?
Mounib et Rochdi n’ont-t-ils pas récemment court-circuité la FRME en accordant le 8 novembre 2007 au président déchu le droit d’organiser le tournoi Feu Sekkat ? N’ont-ils pas, ensuite, piraté un tournoi que la fédération avait décidé de reporter pour des raisons juridiques et sportives, utilisant pour cela le matériel volé de la FRME (feuilles de note, jeux et pendules) ?
Mounib n’a-t-il pas essayé de tromper l’honorable Commission d’éthique de la FIDE en témoignant en avril 2007 en faveur de son maître et en se plaignant de « la campagne en cours contre la FRME par un groupe de joueurs vivant à l’étranger et punis par des mesures disciplinaires selon les règlements de la fédération. » … « Cette campagne vise une organisation qui fait des efforts pour promouvoir les échecs par beaucoup de tournois et qui donc favorise ainsi l’obtention du titre d’arbitre international. »
Abdelmajid Mounib n’était-il pas à la tête de la commission disciplinaire qui a osé suspendre "Sidhom" Mohamed Hajjaj, un des doyens des échecs nationaux à qui tous les hommages de la fédération ne seraient jamais suffisants ? Ce même Mounib ne siégeait-il pas dans la Commission Chalout qui a suspendu Ali ? Ces mêmes pirates n’ont-ils pas suspendu à tort et à travers en n’épargnant aucun "opposant" ? Toumer, Sirine, Onkoud, Tissir, Elamri, n’ont-ils pas fait, tour à tour, les frais de leurs humeurs !
Tout porte à croire que le traitement FIDE-Moutawakil n’est pas venu à bout de toutes les formes latentes et persistantes du germe amazzalien et qu’il va falloir aller jusqu’au bout dans le traitement et finir la boîte d’antibiotique même si d’apparence l’état de santé de notre fédération s’est amélioré !
Tou bon médecin vous le dira, bon courage !
Mourad Métioui

