Je suis réveillé, et voilà ce que je veux !
Nos papiers sur la refondation (nécessaire) de la Fédération Royale Marocaine des Echecs se poursuivent et soulèvent aujourd’hui en cette fin d’année 2007, le volet touchant à la Ligue régionale d’Echecs.
Cet organisme est chargé de représenter la fédération dans son ressort territorial et d’y assurer sous son contrôle l’exécution d’une partie de ses missions. Voilà pour l’officiel. C’est-à-dire selon les statuts fédéraux. Mais en vérité la situation sur terrain de la ligue régionale d’échecs au Maroc n’est pas ce qu’elle devrait être. A bien des égards. C’est ce que nous allons observer ensemble.
A ce propos, il faut avant tout, mettre sur table certaines observations qui, si elles sont tristes, n’en reflètent pas moins la réalité, la dure réalité, dans laquelle se meut la ligue d’échecs au Maroc.
En effet, le constat général est le suivant :
•Le statut juridique de la ligue d’échecs est en déphasage total avec les exigences du développement sportif échiquéen. C’est un fait.
•La ligue d’échecs au Maroc ne joue aucun rôle prépondérant dans la gestion et la pratique sportive échiquéenne nationale. C’est un autre fait édifiant.
•La marginalisation du rôle de la ligue d’échecs dans la gestion et l’organisation des activités échiquéennes à quelque niveau que ce soit est l’une des trois principales caractéristiques de cette entité. Cela est admis par tous.
•La ligue d’échecs au Maroc est pauvre. Elle n’a pas de ressource digne de ce non. Aucuns moyens : ni supports matériels et financiers sur lesquels la ligue d’échecs peut prétendre se mouvoir.
•Les ressources humaines de la ligue d’échecs si elles sont importante, qualifiées et compétentes, elles n’en demeurent pas moins démobilisées et désintéressés par tous ce qui touchent à la gestion administrative et technique de la ligue. C’est normal. Que peut apporter la ligue dans la situation actuelle de marginalisation et de misère. Rien. Absolument rien. Qu’elle est la ligue qui peut se prévaloir d’un bilan d’activité ?
•La ligue n’effectue aucun travail important de développement du Jeu d’ةchecs : Formation, encadrement, stages etc. Bref : Encore rien. C’est vraiment rien de rien !
La liste n’est évidemment pas exhaustive, tellement les tares chroniques qui enveloppent la ligue reflètent leur inaction.. En résumé, rien ne marche au sein de la ligue d’échecs au Maroc à part les rares assemblées générales ou les réunions éparses de leur bureau. Et encore c’est beaucoup dire.
Ceci dit, où est la responsabilité dans cet état de fait.
A mon humble avis, la situation dans laquelle végète la ligue d’échecs incombe à plusieurs facteurs, l’un dépendant de l’autre. C’est donc une responsabilité collective à part égale entre :
1.La FRME ; 2.Les Clubs de la Ligue ; 3.Et le bureau de cette Ligue
Le point commun qui lie ces trois éléments, la FRME, les clubs et le bureau de la Ligue, est bien sur l’indifférence, plus ou moins prononcée de ce trio. Ou en d’autre terme c’est le manque de volonté, chacun de ces trois entités à leur niveau, de faire quelque chose pour la ligue. Par ailleurs chacun rejette sur l’autre la responsabilité de cet état de fait.
Pourquoi ?
Voilà :
LA FRME : Celle ci semble ne pas donner la place et l’importance du rôle qui échoit naturellement et normalement à la ligue. La preuve : la gestion des échecs sur les plans administratif, technique et organisationnel reste outrageusement concentrée entre les mains de la Fédération.
Décortiquons les causes :
Sur le plan moral la Fédération ne peut souffrir de traiter avec une ligue active et forte qui lui ferait de l’ombre et qui pourrait s’avérer accusatrice des tares de la Frme. Cela a toujours été une volonté non avouée des responsables fédéraux…
Sur le plan financier la Fédération n’a fait l’unique effort que de dégager des miettes de ses recettes en licence de joueurs et des ventes de jeux d’échecs pour, soit disant, aider la ligue. Quant on voit que ce sont des montants de misère on se demande quel est leur utilité. Des 5 dh par licences, ici, et 10 dh, par la, par jeux d’échecs selon une norme quantitative pour toutes les ligues du royaume. Est-ce avec de telles sommes que les échecs peuvent décoller.
Sur le plan technique, aucune orientation fédérale vers la ligue. La gestion technique, la formation des cadres, l’organisation des compétitions sont du seul ressort de la fédération. Il n’y avait pas longtemps la ligue organisait les éliminatoires, séniors hommes et femmes, ainsi que celles des jeunes. Il n’en reste rien aujourd’hui. Les raisons de ce délestage irraisonnable et pourtant accepté par tous ( !) sont que si la Fédération a déchargé la ligue de cette responsabilité, c’est dit-on au complexe Mohammed V, parce que la ligue n’a pas les moyens d’organiser ces compétions : dépassement des délais d’envoi des résultats des compétitions officielles (D3) à la Frme, problème d’organisation très faible dans des conditions autres que sportives, problèmes d’arbitrage soulevant de forts mécontentement auprès des joueurs et encadreurs, etc. Sans compter les éternelles litanies du président de la ligue sur le manque de moyen et d’aide des autorités et des élus. Au lieu de se pencher sur ces problèmes pour leur trouver une solution adéquate avec les responsables et clubs de la ligue, elle lui ôte la sève qui donnait un peu de couleur à cette ligue. Bref la solution de facilité au détriment du développement de notre sport.
Sur le plan administratif. Si je vous dis que le bureau de la ligue est obligé de demander à la fédération tous les documents relatifs aux clubs qui lui sont affiliés : dossiers règlementaires des clubs de la ligue (c’est aussi paradoxal que ça !), la liste des clubs en situation règlementaire, le nombre des licenciés par club, etc., on aura tout comprit ! N’est-ce pas ? C’est-à-dire à quoi sert la ligue ? A-t-on jamais envisagé à ce que, la fédération, délègue a priori, à la ligue régionale, le contrôle de conformité des clubs affiliés de son ressort, ou préalablement à leur affiliation aux conditions fédérales. A ma connaissance cela a été déjà soulevé ces dernières années par certains présidents de ligues et de clubs, mais cependant sans aucune suite. Les réformes en profondeurs ne sont malheureusement pas notre apanage.
Ceci démontre le manque de volonté fédéral à renforcer le rôle de la ligue.
LES CLUBS DE LA LIGUE : Ce qui caractérise les clubs affiliés à la ligue, c’est qu’au terme d’une assemblée générale, après les « il faut faire ceci », « il faut faire cela », rien n’est fait. Tout simplement. Un mois ou deux après l’assemblée générale de la ligue, c’est les abonnés absents. S’il se trouve un problème fédéral ou un événement très particulier c’est la réunion dans les plus brefs délais. On parle, on discute, on projette, mais, mais on laisse à côté les problèmes de la ligue, particulièrement au niveau des échecs en tant que sport.
Ce n’est pas un « je m’en foutisme », c’est simplement un manque d’intérêt en raison des aspects non attractifs qui rayonnent de la coupole vide qu’est depuis de longues années la ligue d’échecs. Cela ne veut pas dire que des efforts ne son pas entrepris par ces clubs. Mais il apparait qu’un club n’est créé que pour ce qui est relation avec la fédération (compétitions nationales collectives et individuelles notamment) ou pour servir de tremplin que nous connaissons…
LE BUREAU DE LA LIGUE : Ah ce fameux bureau sur lequel tout retombe comme responsabilité finalement… Il est rare que le bureau élu de la ligue fasse l’objet d’une déclaration de dépôt du dossier règlementaire auprès des autorités concernées. En général aucun club affilié à la ligue ne reçoit le dossier règlementaire de la ligue à titre d’information : Procès-verbal de l’assemblée générale, liste des membres du bureau, statuts, récépissé de l’autorité locale, sans parler du programme des actions ou de l’organigramme administratif et technique de la ligue. Dans tous les cas, ce bureau pourtant constitué de gens capables et compétents n’arrive pas à faire décoller la ligue. Malgré l’effort du président de la ligue qui se démène à droite et à gauche, aucun résultat tangible et durable n’est enregistré. Aucune structure intérieure d’encadrement comme la direction régionale de l’arbitrage, les commissions, etc. ne voit le jour ou si c’est le cas ne font pas long feu. La seule compétition organisée par la ligue, à savoir le championnat par équipes de 3ème division se déroule avec des handicaps monstres : absences ou forfaits, équipes incomplètes, organisation des phases de jeu sur une période inadéquate pour la pratique des échecs sportifs et j’en passe.
A titre d’exemple : La ligue du Gharb, pour ne prendre que celle qui m’est proche et qui possède des ressources humaines et un palmarès des plus riches. Regardons : Elle est présidée par un fabuleux joueur, maintenant cadre, Abdellah Aït Hmidou, qui a marqué l’histoire de notre sport. Triple championnat du Maroc avec le ton et la manière. L’époque Aït Hmidou fut extraordinaire par le talent, la personnalité de ce joueur superbement doué. Donc, c’est dire que la ligue du Gharb possède un fort levier pour entrevoir de beaux jours devant elle. Et pourtant, aujourd’hui la ligue du Gharb est au point zéro. Comme la plupart de ses consœurs d’ailleurs. Est-ce que la présidence d’Aït Hmidou qui est remise en cause ? N’est-il capable en tant que dirigeant de mettre en place les axes d’organisation et de développement de la ligue ? Non, rien de tout cela. Si la problématique de l’ex-président de la Frme a éclaboussé la ligue, il n’en reste pas moins que c’est la démobilisation et la division des clubs qui font que Abdellah Aït Hmidou ne peut pas faire la ligue tout seul. Et pourtant avec un peu de bonne volonté, autour et avec cette personne de valeur, la ligue devrait avoir un autre destin que celui qu’elle a aujourd’hui. Qu’aurait-il fallut ? Simplement se rassembler, nous les clubs, pour diagnostiquer les tares de la ligue et les lister. Mobiliser les énergies et se mettre au travail. Avec un esprit projeté sur l’avenir autour d’un président ambitieux.
Bref pour résumer cette interdépendance :
Si la FRME renforce le rôle de la ligue, administrativement, techniquement et financièrement ainsi que moralement, si les clubs de la ligue se serrent les coudes, assurent leur présence et se mobilisent en apportant soutien déterminé et désintéressé au président et au bureau de la ligue, si le bureau de la ligue met en place les structures administratives et techniques à même de répondre aux besoins de son fonctionnement normal, il est certain que les échecs marocains au niveau des régions auront prit leur envol vers le mieux et le meilleurs poussant ainsi les échecs marocains vers le niveau qui devrait être le sien aujourd’hui.
Bien sur avec des « si » on peut construire des châteaux en Espagne. Toujours est-il, au-delà des antagonismes, des fractures qui ont été entretenu à contre courant par la présidence d’amazal, il n’y a qu’un pas pour rendre notre sport « buvable » si l’on peut dire de cette façon imagée. En sommes nous capable ? Oui ! Je connais presque toutes les personnes qui étaient avec et contre l’ex-président amazal. Elles sont parfaitement capables de dépasser cette étape douloureuse de la vie des échecs marocains.
Dans cet article concernant la ligue, il y a tellement tant de choses à évoquer, à démystifier, à proposer, à promouvoir qu’il faudrait écrire plusieurs articles. Ce que je m’abstiendrais. Les avis au sujet de la situation de la ligue sont nombreux mais partagés au sein de la famille échiquéenne nationale. Cependant soyons heureux que toutes les idées mèneront aux sans aucun doute aux mêmes buts : une ligue qui joue un rôle prépondérant à son niveau. Tous les chemins mènent à Rome, ne dit-on pas ? Parce que, il y a tout à construire à partir de zéro et toutes les idées sont la bienvenue.
Mais, ce qui est certain aujourd’hui, c’est qu’il devient nécessaire pour ne pas dire urgent de revoir le fonctionnement de la ligue régionale d’Echecs.
J’aurais aimé que, si, éventuellement un nouveau départ de la Frme pourrait voir le jour avec les changements et des réformes sérieuses espérées …, que Dieu nous entende, qu’il se fasse à partir d’une grande réunion de l’ensemble des composantes des échecs marocains sans exception. Cette réunion serait une sorte « d’Etats généraux des échecs » qui servirait de réconciliation générale et de « carburant » d’idées, de réformes à ce nouveau départ de la Frme, et que cela puisse se dérouler à Khémisset où le Gouverneur Abderrahman Zidouh, que tous les sportifs connaissent, apprécierait beaucoup.
Cela serait aussi une manière de réconcilier la Frme et le Club IZK Echecs ! Pour donner, aussi, un nouveau départ à ce club qui a suspendu ses activités avec la fédération pour les raisons que l’on connait ! Sans oublier, pour moi, personnellement, l’immense joie de revoir tous mes amis, serrer les mains, les accolades, les discussions, etc. Bref un bain de jouvence à faire revivifier un mort. Pour des moments inoubliables de bonheurs.
Prochainement : Les Joueurs.












