Accueil du site - c. Actualités - Chronique du Fou cloueur
Enregistrer au format PDF
La Chronique du Fou Cloueur n°31

31. Les Présidents de Clubs

Optimiser leurs efforts hors des sentiers battus
Publié le jeudi 15 novembre 2007.


Les présidents des associations et des clubs d’échecs ont été le point central de toutes les questions relatives à la situation négative que connaît la fédération depuis ses dernières années.

Les regards et les appels se tournent souvent vers eux dès qu’une assemblée générale polémique de la FRME se pointe à l’horizon.

A tort ou à raison, ces présidents sont souvent critiqué pour leur prise de position ou pour tout simplement le neutralité positive ou négative.

Par expérience, je sais que leur rôle est bien plus important que de donner leur voix dans une assemblée générale de la FRME. Sur le terrain de tous les labeurs, dans leur ville ou leur petite localité, ils sont la vie des échecs marocains, ils insufflent à ce sport noble une activité et une présence plus au moins dynamique, mais réelle.

Dans leur club, que ce soit dans un salon de thé –je n’aime pas le mot « café »-, dans une salle d’une maison de jeunes ou dans un club omnisport, ils assurent une certaine représentation de l’esprit des échecs. Avec leur moyens du moment et bien souvent avec le soutien effectif de deux ou trois membres de leur bureau sur sept, neuf ou onze membres.

Bien sûr, il y a les bons présidents, les mauvais présidents et ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre. De quelque qualité qu’ils soient, ils sont le reflet, assurément, de ce que sont les échecs au Maroc. C’est-à-dire les parents pauvres d’un sport qui ne requiert pas toute l’attention qu’il devrait normalement bénéficier de la part des responsables à quelque niveau qu’ils soit.

Sur leur gestion associative, l’on pourrait dire tantôt du bien tantôt du mal, mais trop souvent, pour la plupart, il n’y a rien à dire. Les présidents des associations et des clubs d’échecs savent tous, qu’ils ont une lourde responsabilité en matière de développement des échecs par exemple. J’en suis persuadé. Mais comment utilisent-ils cette responsabilité ? L’utilisent-ils bien ou mal. Encore ici, nous pouvons écrire un bouquin sur ce thème. Mais là n’est pas mon but dans cette article.

Je voudrais simplement dire, au-delà des polémiques en cours au sein de la FRME et de son président amazzal, que la tâche de président d’un club d’échecs au Maroc n’est pas évidente. Les préjugés sur le jeu d’échecs sont tels qu’ils sont, les moyens des clubs sont faibles, sinon inexistants, les perspectives d’évolution de la situation des échecs marocains pas claires et la démobilisation des idées, font que, de toute évidence, ces présidents assurent une tâche pas très agréable. C’est certain. De cela, nous pouvons dire que ces hommes ou femmes présidents s’offrent en sacrifice à notre sport.

Ce que je regrette particulièrement et très fortement c’est que jamais une attention n’a été donnée à ces responsables de la part des instances fédérales ou même au niveau des ligues. Réunions après réunions où les décisions et recommandations sont faites pour ne pas être suivies, ces présidents sont en manque d’encadrement. Comme pour les arbitres, les formateurs et les joueurs. Eh oui ! Il faut méditer cela.

N’est-il pas utile, ou bien est-ce trop demander, de dépenser de l’argent pour réunir, deux ou trois fois l’an, ces présidents dans le cadre d’un séminaire, journée d’information ou que sais-je d’autre pour leur offrir des volets de formation : « Les devoirs et les droits des présidents », « Comment chercher des sous », comment « structurer un club d’échecs ». Les thèmes de ce genre fort utiles et intéressants ne manquent pas. Loin de là.

Ce n’est pas la réunion organisée par la FRME en 2004 ou 2005 à Casablanca sur une thématique générale, dont seulement quelques recommandations ont eu suite, soit dit en passant, qui apportera de l’eau au moulin de nos présidents.

Assurément, les président approuveraient cette sorte de formation continue qui se fait par ailleurs à tous les niveaux de gestion des secteurs publique et privé. Même chose au niveau des ligues.

Je me rappelle que j’avais cette idée en tête et à cœur de la concrétiser, je l’avais proposée en ma qualité de directeur technique de la Ligue du Gharb lors d’une réunion de cette dernière à Rabat dans le cadre d’un programme d’activité de la saison. Alors que les autres actions sont passées, le séminaire en faveur des présidents sur un simple jour n’a pas reçu d’attention. C’est dommage, car la ligue du Gharb à manqué « une première ».

On ne sait souvent pas, ou on ne veut le savoir, que les présidents ont beaucoup de choses à se dire : échanges d’expériences, propositions d’intérêt général, suggestions techniques ou organisationnelles, problèmes vécus, etc.

Qu’on ne me dise pas que les assemblées générales de la FRME ou les compétitions nationales permettent aux présidents des clubs de se rencontrer et d’échanger entre eux. Cela serait ridicule. Parce que non thématiques car hors cadre et plus amicales que formatrices.

Des volets de formation pour nos présidents, sur des thèmes concrets qui contribuent à enrichir leur savoir de la gestion échiquéenne, de la résorption de leur difficulté, etc… Je suis persuadé que de telles actions dirigées vers ces responsables apporteraient une dynamique aux échecs marocains. Un grand plus.

Bien sûr, on me dira que d’autres composantes n’ont pas reçu, ou si peu, d’attention des instances fédérales, alors pourquoi les présidents ? Oui, c’est vrai, mais le monde ne s’est pas formé en un jour. C’est une suggestion tellement importante à mon sens que je me fais un devoir de la relancer, car il faudra bien qu’un jour notre fédération retrouve le vrai sens des valeurs… En attendant, pensons-y. Mettons là au frigo si on veut. On en aura besoin un jour. Je l’espère.

Enfin, je conclurai ceci : Messieurs les présidents, Pro-amazzal, anti-amazzal ou neutres, peu importe, vous ne comptez pas seulement pour votre vote ou vos idées propres, mais pour votre dynamisme, si celui-ci, reçoit un encouragement moral par de telles actions, c’est la moindre des choses que l’on vous doit, tous sans exception.

Avec l’assurance de mes sentiments les plus respectueux.

P.S. : On peut élargir ces actions de formation aux secrétaires et trésoriers généraux des clubs.


Répondre à cet article