L’ensorceleuse ville de Chefchaouen vit depuis hier sous le signe du renouveau en matière de pédagogie échiquéenne, à l’occasion du " Congrès National de la Formation Echiquéenne des Jeunes " qui a démarré sur les chapeaux de roues, sous la houlette de notre doyen en matière de formation, notre super-cadre national Boujemâ Kariouch, le dévoué et désintéressé « Ba Boujemâ » qui a consacré le plus clair de sa vie à promouvoir et servir les échecs marocains.
En effet, la Perle du Nord qui cet été encore nous a régalés avec un Coupe dont l’immense succès est aujourd’hui encore sur toutes les lèvres, récidive en abritant une nouvelle manifestation échiquéenne d’envergure en cette mémorable année 2007. L’évènement est de taille puisque la fine fleur des pédagogues marocains est venue à Chefchaouen avec la volonté de travailler de concert sur les perspectives de formation des champions de demain.
Les travaux de ce congrès, fruit d’une collaboration entre l’Association Alouane Fannia locale et l’Association Marocaine du Développement Universel et Sportif, section Echecs (AMADEUS) se déroulent depuis hier et jusqu’au 21 au Centre d’Accueil de la Jeunesse et des Sports, sous le thème : « Pour l’harmonisation des méthodes pédagogiques d’enseignement du jeu d’échec ». Un programme richissime a été concocté.
L’AMADEUS relève ainsi le défi de la formation des jeunes, face aux tentatives avortées de la Fédération Royale Marocaine des Echecs en la matière, à savoir :
Stage de formation des entraîneurs III à Fès en 2004 ;
Stage de formation des entraîneurs III à Settat en 2005 ;
Partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale.
Par conséquent l’AMADEUS a fédéré les formateurs historiques du Maroc en installant à partir du Congrès de Chefchaouen les outils permanants de cette ambition primordiale au bon développement structurel des échecs et de relever les échecs marocains d’en bas :
1. Constitution d’un programme pédagogique unifié et harmonisé ;
2. Liaison et actualisation permanant par le web entre les formateurs ;
3. Cursus diplômant des formateurs :
*Moniteur 1er degré ;
*Moniteur 2ème degré ;
*Professeur
4. Tournois scolaires, dans le cadre d’un partenariat à conclure avec le département de l’Education Nationale à partir de la valorisation de projets pilotes dans le primaire et les collèges ;
5. Tournois de jeunes.

Ce Congrès, bien préparé, car ayant été entouré de nombreuses réunions de travail et dont la dernière eu lieu le jeudi 18/10/07 à Chefchaouen même, débuta, le premier jour, conformément au programme établi, en l’occurrence par les allocutions d’ouvertures : Ainsi, MM. Pierre Beiso président de l’AMADEUS, Ali Sebbar, directeur et coordinateur du Congrès et Abdeslam Mouissou, président de l’Association Alouane Fannia, présentèrent aux participants, les différents volets liés aux objectifs de l’AMADEUS en matière de développement de la formation, de la programmation et de l’organisation et de l’accueil.
Ce fut au tour de M. Boujemâ Kariouch, cadre national, de présenter un exposé qui fut axé sur la nécessité d’une harmonisation des méthodes pédagogiques de l’enseignement du jeu d’échecs. Cet exposé fut suivi par des questions relatives à cette harmonisation de la part des participants issus des villes de Chefchaouen, Casablanca, Rabat, Marrakech, Safi, El Jadida, Youssoufia, El Bir (Tiznit), Khémisset.
Pour nos lecteurs, nous présentons l’intervention de M. Kariouch avec la suite du programme du Congrès pour le samedi et dimanche.
A SUIVRE : LE DEUXIEME JOUR

Le Congrès National de la formation échiquéenne des jeunes
Sous le thème :
"Pour l’harmonisation des méthodes pédagogiques d’enseignement du jeu d’échecs"
Chefchaouen, les 19, 20 et 21 octobre 2007.
Introduction Générale :
Au sein des divers départements ou organismes d’enseignement, les méthodes de formation divergent selon les particularités propres à chaque structure. La particularité de la pédagogie utilisée, ici et là, repose, bien entendu, sur la période nécessaire pour l’acquisition des connaissances, sur la technicité des moyens et sur la théorie qui sous tend les thèmes étudiés. Egalement sur la nature des catégories intellectuelles d’individus ciblés.
En ce qui concerne l’enseignement du jeu d’échecs, la méthode pédagogique ne devrait pas trop se distinguer, par ailleurs, des autres méthodes universelles. La théorie et la pratique et le contrôle des connaissances sont les points communs à tout programme d’enseignement.
Cependant, de par la nature complexe du jeu d’échecs : aspects sportif, artistique, mathématique, éducatif, etc., il convient de mettre en relief l’approche méthodologique adapté à l’enseignement de cette discipline notamment quand il s’agit d’un enfant qui découvre pour la première fois ce jeu.
Cette approche méthodologique de l’enseignement premier des échecs, doit, toutefois, se baser sur une définition claire et efficace à même de permettre à l’entraineur que vous êtes de se situer dans un cadre général unifié tout en bénéficiant de sa liberté créatrice.
Dire, que l’on peut unifier la méthode pédagogique d’enseignement du jeu d’échecs en une seule méthode serait une erreur à notre sens. Car cela limiterait dans un carcan simplificateur, tant l’initiative créatrice de l’entraineur que l’espace de formation.
Cependant, il s’avère nécessaire de constituer une ligne directrice sur laquelle se joindront d’autres sous lignes selon les circonstances du terrain et bien sur selon l’expérience acquise ou nouvelle de l’entraineur. C’est en quelque sorte une harmonisation de la méthodologie pédagogique de l’enseignement de base (l’initiation première) des échecs qui sera le souci des organisateurs de cette action d’encadrement.
C’est l’objectif de ce Congrès d’encadrement d’entraineurs marocains à Chefchaouen à l’initiative de l’ASSOCIATION MAROCAINE DU DEVELOPPEMENT UNIVERSEL ET SPORTIF, SECTION ECHECS
S’il n’est pas nécessaire d’insister sur l’importance d’une pédagogie à caractère « participative », c’est-à-dire inciter l’entraineur à faire participer l’élève dans l’enseignement qui lui est prodigué, il est par contre important de s’imprégner du fait que la marque particulière qui doit fonder un entraineur est l’aspect « éducateur » en premier lieu.
D’un autre côté, ce Congrès d’encadrement vise notamment à sensibiliser l’entraîneur sur les points suivants :
1. L’harmonisation des connaissances techniques des groupes d’élèves (l’harmonisation ne concerne pas seulement la méthodologie pédagogique de l’entraineur, celle-ci se transfert chez les élèves dans leurs savoirs) ;
2. De varier le niveau de difficulté et l’adapter aux différents niveaux des élèves d’un même groupe ;
3. De stimuler les élèves qui avancent plus rapidement, tout en dynamisant et en aidant ceux qui sont moins rapides ! ;
4. De créer et maintenir la cohésion du groupe tout en assurant le grand enthousiasme et la très forte participation des élèves…parfois pendant une année ! ;

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L’Entraîneur
Bien qu’un entraîneur doit maîtriser son sujet (la connaissance de la méthodologie d’entraînement, la compréhension du jeu d’échecs dans ses vaste et différents aspects, l’expérience sportive etc…), il est indispensable qu’il s’agisse d’une passion, car on traite avec des personnes vivantes qui amènent avec eux toutes leur volonté, la motivation, l’espérance, mais aussi les peurs, l’angoisse des problèmes personnelles. Ceci dit, il est importants que la personne qui veut se considérer comme étant un entraîneur digne de cette noble fonction tienne compte de quelques « normes » que voici :
1. Connaître les règles du jeu officielles (Fide) et celles de l’arbitrage ;
2. Avoir une vaste culture échiquéenne, dont, l’histoire et l’évolution du jeu ;(Dans la culture échiquéennes il y a des éléments formidables qui peuvent jouer un rôle d’attraction des élèves et des parents) ;
3. Connaître l’organisation générale de la FRME et de la FIDE ;
4. Connaître les règles des Tournois (diverses compétitions – départages, etc.) ;
5. Avoir une documentation personnelle à enrichir et actualiser constamment (manuel-Fiches thématiques-dossiers élèves-notes etc.) ;
6. S’ouvrir sur l’extérieur (échange d’expérience nationale – internationale) ;
7. Aimer cette fonction qui influence sur l’avenir échiquéen d’une nation.
Bref, le rôle de l’entraîneur, son travail et sa relation avec son élève, il s’agit de :
• Transmettre sa connaissance technique et méthodologique, son expérience et sa passion ;
• Guider son élève dans son initiation échiquéenne (au-delà même) et le soutenir psychologiquement et moralement ;
• Organiser le travail, planifier les étapes et les compétitions ;
• Veiller et vérifier que les taches sont bien accomplies et le plan atteint ;
• Se perfectionner, apprendre et s’informer dans son travail tout au long de sa carrière.
Note : L’internet constitut un merveilleux outil de travail.

Le Matériel
A côté du matériel de base à savoir, l’échiquier et les pièces, l’échiquier mural, le tableau noir éventuellement, la documentation pédagogique se situe à un niveau fondamental dans l’enseignement et la compréhension des aspects techniques parfois complexes du jeu d’échecs. Car il s’agit d’enseigner en fin de compte non pas un simple jeu, mais une pratique sportive dans toute sa difficulté et sa complexité !
La documentation de base tourne autour de : (Pour le niveau initiation première ou Classe 1)
1. Le manuel d’enseignement adéquat (fiches participatives, n’oublions pas) que tous les entraineurs utiliseront pour l’initiation de base ;
2. Le cahier technique des mats de base qui se réalisent dans la pratique du jeu (et non de simples positions), avec fiches d’exercices contrôlées ;
3. Le dossier individuel de l’élève.
4. Divers (feuilles de parties vierges – Feuille de diagrammes – Fiche de suivi des cours etc.
Définition de l’Enseignement de base
Enfin, il y a lieu de définir ce qu’est l’enseignement de base, il s’agit d’un « tout » en 3 phases distingues mais complémentaires, car au final l’élève doit pouvoir jouer normalement : Ainsi quand on parle d’initiation de base c’est :
(Phase 1) : Des notions premières de base (Histoire brève - Echecs et sport - L’échiquier- les pièces - la marche et la prise des pièces - la notation, etc…
(Phase 2) : La pratique : Faire jouer l’élève le plus possible tout en observant, corrigeant les défauts et rappelant les règles et les particularités des coups, afin que les connaissances se mettent en place et s’harmonisent tout en insistant sur l’importance du centre en faisant la preuve que c’est le centre qui est fort et que c’est lui qui donne force aux pièces et au jeu ;
(Phase 3) : Perfectionnement de base : Les tableaux de mats expliqués avec fiches et exercices (Mat du couloir – Mat de Boden – Mat Arabe – Mat du Berger – Mat en 1, 2 ou 3 coups – Mats avec le pion, avec la Dame, Le Cavalier, le Fou, la Tour, etc.) – Les thèmes tactiques de base expliquée avec Fiches et exercices (Thèmes : Eliminer le Défenseur – Clouage – Echecs découverte – Attaque double – Fourchette – Enfilade, promotion et sous promotion – Pat – Zugzwang etc.)
La Pédagogie
L’initiation de base :
Principes généraux :
• L’approche de l’initiation s’effectue différemment selon l’âge de l’élève, selon les conditions matérielles et selon les spécificités locales (écoles-collèges-lycées-maisons des jeunes-clubs etc.) ;
• Sans précipitation, il faut avoir à l’idée qu’il faut arriver rapidement à faire jouer l’élève. Sinon la lassitude risque de s’installer et les pertes nombreuses ;
• Approfondir l’aspect pédagogique de l’enfant dans ses divers aspects : Enfant-adultes ; Enfant-Enseignant ;
La Méthodologie
Méthode de première initiation lente ;
Deux écoles :
1. On prend la partie à son début et les notions s’acquièrent au fils des leçons ; (Au moyen d’un manuel-fiches).
2. On prend la partie dans sa phase finale, en opposant par exemple le Roi et la Tour ou Roi et deux Fous etc., en introduisant de plus en plus de pièce et de pions jusqu’à atteindre les conditions d’une partie régulière. (C’est la méthode dite « Tarrash).
Méthodologie de la 1ère Ecole : (Pratiquée au Maroc)
L’entraineur suit les leçons du manuel et les notions s’acquièrent au fils de l’expérience. Leçon suivie d’exercice jusqu’à ce que l’élève maîtrise les éléments du cours (les fiches du manuel sont faites pour ça).
Pour chaque séance, l’entraineur donne la leçon et introduit la pratique par la remise des fiches aux élèves.
La séance ne doit pas dépasser 2 heures au maximum en tenant compte de limiter le travail intellectuel des élèves à 1h30 de travail. Le cerveau de l’élève ne doit pas être alourdi pour ne pas entraver le processus normal d’assimilation :
Par exemple :
15 min d’explications générales au maximum au début – ne pas trop parler ;
30 min de théorie sur le thème (Travail intellectuel de l’élève) ;
30 minutes de pratique sur la fiche (Travail intellectuel de l’élève) ;
30 minutes de contrôle des acquisitions.
Note : Pour les élèves de moins de 12 ans : Séance d’une heure !
L’entraîneur s’efforcera de parler lentement.
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PROGRAMME DU CONGRES
Vendredi 19/10/2007
• A partir de 10h : Accueil des participants au Salon Ben Hmamou Chefchaouen
• 13h30 : Déjeuner collectif
• 15h30 : Remplissage des fiches de renseignements.
• 16h15 : Ouverture du Congrès et allocutions
• 17h à 18h30 : Exposé de M. Boujemâ Kariouch.
• 18h45 à 20h : Questions relatives à l’exposé de M. Kariouch
• 21h : Dîner collectif
Samedi 20/10/2007
• 9h : Petit déjeuner
• 10h – 10h30 : Exposé de M. Jamal Karami : « Comment insérer et organiser des diagrammes de positions avec commentaires… sur « Word »
• 10h30 à 11h : Présentation des expériences des encadreurs expérimentés
• 11h à 12h30 : Initiation de quelques petits enfants Chefchaouni par les formateurs présents
• 13h : Déjeuner collectif
• 16h : Initiation de groupes d’enfants par les encadreurs
• 17h à 20h : Table ronde : Observations de MM Kariouch et Ali
Sebbar sur le comportement des formateurs avec les petits de Chefchaouen – correction des erreurs pédagogiques des formateurs.
• 21h : Dîner collectif
Dimanche 21/10/2007
• 8h : Petit déjeuner
• 9h à 11h : Table ronde : « Bilan du Congrès »
• 11h30 : Cérémonie de clôture


