"L’arbitrage n’est pas seulement un art, il est aussi une vertu".
− (L. Leclercq)
"ZOOM SUR L’ARBITRAGE", axé sur tout ce qui touche de près ou de loin les questions relatives à la pratique de l’arbitrage national et international. C’est une réponse à une exigence nationale et dont l’initiateur providentiel, M. Abderrahman Almarjani, arbitre national, est à remercier pour son enthousiasme sur le sujet. Il ne fait pas de doute que cette rubrique connaîtra un grand succès comme cela ce voit ailleurs.
Finalement, le 6ème Festival National des Echecs des Enfants aura lieu du 6 au 9 septembre 2007 à El Jadida. C’est, dommage pour nos amis de Dcheira et c’est tant mieux pour nos amis d’El Jadida.
Donc, arrive enfin le rendez-vous de nos jeunes. Qui devaient languir depuis le report de dernière minute (annulation en fin de compte) de leur championnat le 20/07/2007.
C’est aussi le rendez-vous d’arbitres marocains chargés d’officier tout au long de ce Championnat national des jeunes moins de 10, 12, 14, 16, 18 et 20 ans, garçons et filles.
Un groupe dont le chef de file ne sera autre qu’Abderrahim Kamous, encore frais, arbitre Fide. Sans doute une première pour lui à ce niveau en tant qu’arbitre principal du championnat, quoiqu’il soit habitué à arbitrer ce genre de compétition des jeunes en tant qu’arbitre adjoint.
Ainsi, l’équipe des arbitres du 6ème Festival, se compose comme suit : (sous réserve de changement ou d’absence) :
Arbitre principal :
Abderrahim Kamous, Arbitre Fide ;
Arbitres adjoints :
Ahmed Kouch, Arbitre National ;
Abdenabi Raji, Arbitre National ;
Mustapha Msieh, Arbitre National ;
Abdelkader Takieddine, Arbitre National ;
Mohamed Lamti, Arbitre National ;
Ahmed El Yahiaoui, Arbitre National ;
Abdelouahed Achtouk, Arbitre National.
Donc, il y aura 8 arbitres pour 12 championnats. Du pain sur la planche pour nos arbitres. Deux rencontres par jour, il y aura même un jour (le 2ème) qui verra trois rencontres !!!
A n’en pas douter, les pieds de nos arbitres devront être en ratatouille en soirée. Il faudra pratiquer le massage des pieds, à la chinoise bien sûr. Et la tête grosse comme ça pour les jeunes participants. Enfin, ce n’est pas grave, tout le monde y est habitué maintenant. Trois petits tours et on s’en va ! Contraintes du calendrier fédéral oblige…
C’est dommage pour moi, j’aurai bien voulu assister à cette grande manifestation pour, d’un côté réaliser une grande et belle couverture complète pour notre site Maroc Echecs, pour nos enfants, et, surtout, côtoyer tant nos jeunes, que les cadres, les parents et bien sur nos arbitres. Sans oublier mes chers amis d’El Jadida dont est originaire mon père. Les différences d’opinions n’empêchent les bonnes relations amicales entre personnes qui se connaissent depuis belle lurette. En principe.
Sans dévaluer ne serait-ce d’un milligramme la valeur de nos arbitres du Festival, j’ai voulu leur apporter en toute amitié quelques petits conseils (pratiques) sans prétentions, (Des conseils sans doute superflus étant donné la compétence des intéressés) concernant l’organisation de leur groupe afin qu’il ne travaillent pas trop individuellement comme cela se fait régulièrement dans les compétitions nationales. Mais étant donné les circonstances exceptionnelles dans lesquelles ils vont officier à El Jadida, je me limiterais à leur souhaiter très sincèrement bon courage dans leur tâche. Un travail qui n’est jamais facile.

La Pendule d’Echecs
A l’heure de la pendule de tournoi ....
Dans les tournois d’échecs, on est obligé d’effectuer un certain nombre de coups en un laps de temps donné. Ce temps est mesuré par une "pendule de tournoi" appropriée, qui a subi au cours des années de nombreuses évolutions, tout comme les règlements concernant le temps de réflexion alloué à chaque joueur.
Le temps alloué à un joueur d’échecs pour disputer une partie a toujours été un problème difficile.
Au XIX siècle, l’Anglais Buckle, exaspéré par un adversaire qui réfléchissait depuis plus d’une demi-heure sur un coup évident, l’apostropha avec cette remarque cinglante : "Sir, si la lenteur dans le génie est difficile à supporter, la lenteur dans la médiocrité est intolérable !". Après le premier tournoi de l’histoire moderne, joué à Londres en 1851, la lenteur de certains joueurs amena l’utilisation de sabliers pour remédier à ce problème mais ils ne pouvaient compter que le temps utilisé pour chaque coup joué séparément.
La pendule de tournoi fit donc son apparition pour la première fois au tournoi de Londres de 1883, où elle remplaça les sabliers peu pratiques et contestés.
Ces derniers présentaient beaucoup d’inconvénients et il était notamment difficile d’arrêter l’écoulement du sable quand c’était à l’adversaire de jouer. Les sabliers avaient été utilisés occasionnellement depuis 1861 - la première fois pour le match Kolisch-Anderssen en août, puis, le mois d’après, au tournoi de Bristol, où le temps de partie était de 24 coups en 2 heures - puis régulièrement à partir de 1867, c’est à dire depuis le tournoi de Paris. Dans ce tournoi, chaque joueur avait un sablier qui s’écoulait en une demi-heure, un laps de temps au cours duquel il devait effectuer 10 coups. La même année, à Dundee, on joua à une cadence de 30 coups en 2 heures, à Baden-Baden en 1870 et à Leipzig en 1871, à une cadence de 20 coups à l’heure.
En réalité, le besoin d’accélérer les cadences, ou plus précisément de fixer des limites de temps pour un nombre de coups ou une partie, avait déjà été ressenti trente ans plus tôt et le Français Saint-Amant en avait d’ailleurs fait le sujet d’un article dans la revue "Palamède" en 1836.
La première proposition officielle pour utiliser un mécanisme qui calcule le temps -en l’occurrence le sablier- dans les tournois d’échecs fut avancée en 1852 par la revue anglaise Chess Player’s Chronicle, et appuyée ensuite par l’Allemand Tassilo Von Der Lasa. Ce n’est cependant qu’en 1861 que l’on commença sérieusement à se préoccuper du "contrôle" de temps, surtout à la suite d’un match joué l’année précédente entre le Londonien George Webb Medley (1826-1898) et le célèbre Ignace Kolisch (1837-1889). Medley, commentant cette rencontre, écrit : Kolisch a naturellement gagné, mais j’ai souvent dû me distraire de la partie pour m’occuper de mon travail. En effet, dans les positions compliquées, Kolisch avait pour habitude de réfléchir très longtemps : dans une de nos parties, il a réfléchi 2 heures en tout pour 3 coups et en employant 55 minutes pour l’un d’entre eux. Je n’ai pas la possibilité de perdre autant de temps pour jouer aux échecs.
1861 : Le match Kolisch-Anderssen inaugure le principe d’un temps-limite de réflexion et l’utilisation régulière de la pendule en compétition. Vers la même époque, on corrige une lacune des règlements, qui permettaient à un pion rendu à l’autre bout de l’échiquier de ne pas se transformer en pièce... autrement dit, de faire le mort.
Au début, l’idée de limiter le temps de réflexion ne trouva pas beaucoup de partisans et pendant plusieurs années, le fait de jouer avec un sablier n’impliquait pas nécessairement la perte de la partie pour le joueur qui avait utilisé tout son temps. Il y eut toutefois des pénalités d’un autre type. D’abord, le joueur qui ne respectait pas la limite de temps fut obligé de payer une "amende" en argent. Ensuite, il fut obligé de jouer les coups qui suivaient avec un temps fixé pour chacun d’entre eux, en général ne dépassant pas 2 minutes, sous le contrôle direct du directeur du tournoi.
Le premier joueur qui perdit officiellement une partie "à cause du temps" fut James Mason (1849 1905), né en Irlande mais exilé en Amérique à l’âge de vingt ans. Cela se passa durant la troisième ronde du tournoi de Vienne de 1882. Mason jouait contre Bird et il dépassa la limite de temps fixée. Comme Bird ne fit pas de réclamation, la partie se poursuivit et se termina par la victoire de Mason en 4 heures de jeu. C’est Steinitz qui protesta et réussit à convaincre les organisateurs de donner partie perdue à Mason. Le tournoi se termina au bout de 34 parties par le succès de Steinitz à égalité avec Winaver avec 24 points. Mason obtient 23 points et termina troisième. Avec le point contre Bird, il aurait gagné ce tournoi grâce à un meilleur départage !
C’est finalement au tournoi de Londres de 1883, joué à la cadence de 15 coups à l’heure, qu’apparut pour la première fois une pendule mécanique. Cette pendule à double cadran dotée d’un mécanisme ingénieux fut inventée par Thomas Bright Wilson (secrétaire du Club d’échecs de Manchester).
Un compteur signalait combien de fois la pendule avait été abaissée et une cloche sonnait quand le nombre de coups prévu avait été effectué. Mais Thomas Bright Wilson ne déposa pas de brevet pour son mécanisme, ce que fit en revanche l’année d’après l’horloger Amandus Schierwater de Liverpool, qui apporta quelques améliorations à cette pendule.
La pendule de Schierwater était belle et fonctionnelle mais elle coûtait cher. C’est pourquoi en 1887, un horloger de Bradford, un certain Fattorini, en produisit une semblable mais sans cloche ni compteur de coups. Cette pendule se vendit bien, même si les acheteurs se plaignaient souvent que les deux pendules fonctionnaient en même temps.
La pendule de tournoi semblable à la pendule actuelle, c’est-à-dire constituée d’une seule pendule avec un double cadran, fit son apparition en 1894, pendant le tournoi de Leipzig. L’introduction de la pendule d’échecs avec ses deux cadrans fut une petite révolution. Cette invention de l’horloger Gustav Herzog, permettait au joueur qui exécutait son coup, de peser sur son cadran et d’enclencher ainsi la pendule de son adversaire. Ce dispositif ingénieux introduisit la possibilité de totaliser séparément les temps de réflexion des adversaires et il fut utilisé sans discontinuer jusqu’à la fin du XX siècle. Elle est décrite par Hoffer, directeur de Chess Monthly, comme plus fiable que son homologue anglaise, de qualité supérieure et moins chère.
Cinq ans plus tard, en 1899, le secrétaire de la Fédération néerlandaise des échecs, Meijer, imagina le "petit drapeau" qui permettait d’indiquer avec précision quand se terminait le temps prévu. Il fallut toutefois une vingtaine d’années pour que ce drapeau soit officiellement accepté.
La pendule à double bouton apparut finalement au XXè siècle : en appuyant sur son bouton, on arrêtait sa pendule et on mettait en marche celle de l’adversaire. Son inventeur fut le Néerlandais Veenhoff de Groningue.
Anecdote :
A l’occasion du tournoi de Milan de 1881, certaines parties durèrent trop longtemps (il n’y avait pas encore de pendules d’échecs et l’utilisation difficile et contestée du sablier, introduit en 1867, n’était pas obligatoire). Au cours d’une partie, on atteignit 11 heures de jeu pour 105 coups. Des inconvénients de ce genre étaient monnaie courante : à Vienne en 1882, Winaver et Max Weiss firent nulle après 16 heures de jeu (en 2 jours).
Article Extrait du site de Stéphane Bidet, Echecs et Patrimoine, Site : http://www.echecsetpatrimoine.org/
BAF n°112-FFE

Boujemâ Kariouch
