La commission d’Ethique de la FIDE a rendu, le 28 juillet 2007, son verdict sur l’affaire des "arbitres marocains" n. 03/06 que lui avait soumis le Conseil de l’Arbitre de la même instance internationale des Echecs.
(Voir l’article du MI Mohamed Moubarak Rian "Les trois ans de Monsieur Amazzal…", paru le 29 août 2007 sur Maroc Echecs).
Oui, c’est sans précédent dans l’histoire de la FRME. Mais il fallait s’y attendre, sans se cacher les yeux et les oreilles comme l’ont fait maladroitement, et avec une certaine complicité directe ou indirecte, la majorité des Clubs présents lors de la dernière assemblée générale ordinaire le 20 mai 2007. Des clubs qui ont raté une occasion historique d’assainir en se faisant doubler par la Fide. Approuvant (un soi-disant) rapport moral plus que contestable. Consternant et lourdement décrédibilisant.
Bien sûr, le président fédéral a 21 jours, à compter de la réception du jugement pour faire appel, contre cette sanction de la commission d’Ethique. Toutefois cela ne changera rien du tout. Il ne doit se faire aucune illusion là-dessus.
En vrais marocains qu’ils sont, les administrateurs de Maroc Echecs auront contribué avec leur seul moyen et leur seule volonté à faire tomber l’injustice flagrante et la pratique malhonnête tout azimut qui régnaient en maître dans cette institution fédéral sensée gérer le sport des Echecs sur le territoire national. Au su et au vu de tous !
A titre personnel, je leur en serais, à jamais, profondément reconnaissant ! Ils auront su arrêter l’hémorragie avec détermination, patience, convaincus de la bonne cause qu’ils défendaient.
Nul ne pourra plus nier l’évidence ou se mettre les doigts dans les yeux devant la réalité confirmée par une instance internationale des malheureux trafics à grande échelle des normes d’arbitre international commis consciemment par le président fédéral. La rancœur et la haine de quelques-uns ne pourront affecter le rôle qu’a joué Maroc Echecs dans la prise des décisions, justes et satisfaisantes, par les membres de la commission d’Ethique de la Fide.
Et après ? Oui, et après ce verdict ? Eh bien, les clubs devront décider de ce qu’ils vont faire de ce président souillé. Voilà, c’est simple. A eux de réagir sous les yeux de l’opinion publique. Leur choix est, cependant, bien étroit.
A partir du 1er Octobre 2007, les clubs hériteront d’une fédération d’un type particulier. Ils seront ainsi obligés d’élire un nouveau président ou une commission provisoire de gestion des affaires de la FRME pour entamer une nouvelle saison échiquéenne qui ne sera évidement pas comme les précédentes. Celles qui ont été du règne sans partage du président fédéral obnubilé par les sanctions jusqu’en en recevoir lui-même une, grosse celle-là, de dimension internationale, par plus fort que lui. Le retour du boomerang avais-je déjà dit auparavant. A moins, à moins que ces clubs ne décident de laisser le président à sa place en dépit de tout, en se terrant la tête à la manière de l’autruche... Mais, c’est difficilement concevable maintenant que la plus haute instance internationale a tapé sur la table pour mettre le holà sur ces trafics humiliants qui déshonorent notre sport et notre pays.
Je ne vous cacherais pas que je suis content. Par pour moi personnellement. Non, non ! Mais pour les enfants qui étouffaient dans ce carcan amazzalien. Pour leurs parents qui vont voir les échecs d’une autre manière, nettement positive. Pour les cadres sans perspectives d’avenir. Pour le retour de nos sommités des joueurs internationaux au bercail, Hicham Hamdouchi en tête et les autres joueurs et joueuses qui vont sans doute voir de nouveaux horizons s’ouvrir devant eux. Et enfin pour des compétitions échiquéennes dignes de ce nom à 100% « sportives » et non à la va vite que je boucle le programme au détriment des 64 cases et des pratiquants.
La peine me reste cependant pour mes confrères arbitres, premières victimes indifférentes, des agissements du président fédéral. Un grand coup douloureux est porté sur le dos du corps arbitral marocain, d’autant plus que des titres internationaux vont tomber prochainement. Voilà le résultat.
Pour limiter les "dégâts", un tant soit peu, je lance un vibrant appel aux clubs pour réagir, nécessité oblige maintenant, afin d’effectuer les changements salutaires qui s’imposent d’eux mêmes au sein de la FRME dont ils sont l’organe suprême de décision. Je leur propose à utiliser deux ans de préparation pour mettre à niveau leur Fédération dans tous les domaines administratifs et techniques. C’est l’occasion ou jamais. Afin de repartir sur un bon pied dans l’union des forces et des compétences loin des rancœurs et des arrières pensées de l’ère amazzalienne. La mauvaise page doit être tournée définitivement pour écrire une nouvelle page propre répondant ainsi au besoin d’une dynamique nouvelle, d’un sang nouveau et d’un nouvel espoir réel.
En sommes nous capables ? Pouvons-nous rebondir vers des hauteurs plus respirables ?
C’est le moins que l’on puisse faire en ces circonstances pénibles pour les échecs marocains bien moribonds actuellement.
Boujemâ Kariouch
P.S. : Le jugement de la commission d’Ethique fait mention en page 6 "La CE a examiné" (The EC examined) deux courriers adressés au président de la Fide : (des lettres qui soutiennent le président fédéral) :
Le 1er signé par MM.Hassan Alaoui Bahi et Hicham Radi respectivement président et secrétaire général de la Ligue de L’Est qui se plaignent de la campagne contre la FRME par un groupe de joueurs vivant à l’étranger punis par des mesures disciplinaires selon les règlements de la fédération. Une campagne, disent-ils, contre une organisation qui fait des efforts pour encourager les échecs par beaucoup de tournois et donc encourage aussi l’obtention du titre d’arbitre international (Sic).
Le 2ème et même courrier de M. Abdelmajid Mounib, président du DHJ El Jadida et de la Ligue du Centre.
Sans commentaire !

