Parmi les nombreux aspects que peut receler le jeu d’échecs, il en est un qui est particulièrement intéressant à étudier. Je veux parler de la psychologie du joueur d’échecs.
Mais de quoi traite-t-on au juste quand on évoque la psychologie en relation avec le jeu d’échecs ? Parle-t-on du calcul et de la mémoire, des processus de prise de décision ou des tentatives de mettre son adversaire dans une situation désagréable par des coups géniaux, des mimiques ou des coups de bluff ?
De nombreux auteurs de renommé mondiale, qu’ils soient philosophes, écrivains, psychologues ou joueurs d’échecs de haut niveau se sont penchés sur ce sujet.
Alfred Binet, disciple de Charcot, s’est intéressé dans son ouvrage « La psychologie des grands calculateurs et joueurs » publié en 1894 à la mémoire et au calcul de l’activité échiquéenne.
Adriaan de Groot, maître international et professeur de psychologie, quant à lui, approfondit et discute les travaux de Binet dans son ouvrage « Réflexion et choix aux échecs ». Il y compare la façon de penser de différents types de joueurs, des Grands Maîtres et des joueurs amateurs et fait notamment remarquer que les joueurs plus forts ne calculent pas forcément plus mais mieux.
Dans « Penser comme un Grand-Maître » (1971), Kotov essaye d’expliquer au joueur quelles questions il devrait se poser avant de jouer un coup. Malgré tout l’intérêt du livre, on peut douter que Kotov ait lui-même pensé de cette manière aussi systématique. Cependant, une partie d’échecs n’est pas pur calcul, même pour les ordinateurs qui optimisent leur calcul selon des directions stratégiques imposées par la personne qui a réalisé le programme.
Même une partie par correspondance contient des éléments de lutte psychologique. Bobby Fischer affirmait : « Je ne crois pas à la psychologie, je ne crois qu’aux bons coups. » Mais une partie d’échecs se gagne aussi grâce à un sens de l’à-propos ; la recherche des points faibles d’un adversaire en analysant son style, les tentatives pour le surprendre, tenter de lui poser des problèmes qu’il aura du mal à résoudre ; ce sont des aspects dont il faut tenir compte, à côté de la pure stratégie et de la tactique.












