Monsieur Le Premier Ministre
Mes sentiments respectueux.
Vous oeuvrez des années durant à la tête de la primature pour un Maroc nouveau, un Maroc de défi. Pour un Maroc debout devant la globalisation et pour un ancrage ferme à l’ Union Européenne avec ses contraintes et ses exigences, parfois ressenties difficilement par le tissu économique et social, mais cependant porteur de modernité et de développement en faveur d’un peuple millénaire. Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI vous avancez patiemment, étape par étape, vers les objectifs assignés à votre Gouvernement.
Dans votre tableau de bord, le département chargé du sport dont vous avez la lourde responsabilité figure dans votre esprit quoique d’une manière mesurée étant donnée les priorités qui doivent naturellement être axées vers d’autres secteurs plus sensibles, notamment ceux économique et social. Mais tout de même vous oeuvrez avec détermination pour que le sport national soit le reflet d’une société marocaine équilibrée et développée.
Sachez, Monsieur Le Premier Ministre, que la Fédération Royale Marocaine des Echecs quoi qu’elle constitue une « petite » fédération parmi tant d’autres plus grandes, ce qui peut s’avérer un moindre des soucis pour un haut responsable tel que le Premier Ministre, car ayant d’autres « chats à fouetter », n’en forme pas moins un espace de gestion d’un sport qui touche de nombreux citoyens de tous les âges par l’intermédiaire direct des clubs, des ligues et des cadres échiquéens.
Cette Fédération, Monsieur Le Premier Ministre, si petite qu’elle soit, dilapide d’une manière tout à fait nuisible et scandaleuse pour ne pas dire plus, l’image d’un sport noble dont la pratique formatrice de l’esprit de nos jeunes en particulier n’est plus à démontrer. Et par là ternit l’image d’un pays, notre pays, auprès d’organismes échiquéens étrangers notamment. Sans vous parler de la contestation nationale qui s’étend de plus en plus.
La Fédération Royale Marocaine des Echecs va, Monsieur Le Premier Ministre, dans l’autre sens. C’est à l’opposé des efforts immenses, difficiles, mais réels que vous développez tous les jours sous la conduite de notre souverain.
La cause ?
La cause, Monsieur Le Ministre, provient d’un homme. D’un seul homme qui s’est découvert des aptitudes autres que celles de la bonne logique gestionnaire (je dirais de la bonne gouvernance). Aptitudes répressives et agressives, centraliste et individuelle, d’exclusion et de marginalisation totale des compétences nationales, anciennes et nouvelles, d’indifférence et de laisser aller dans les responsabilités qui lui incombent de par les statuts de la FRME. Bref, un homme qui fait tout et rien en même temps. Et qui paradoxalement, selon les circonstances, en sa faveur ou en sa défaveur décide sèchement ou déclare « ce n’est pas moi, c’est les autres » !!!
Ce n’est pas pour rien que nos meilleurs clubs d’échecs les plus structurés contestent et accusent cet homme de tous les maux qui ont fait reculer les échecs marocains en créant un grosse « fracture » en son sein. Ce n’est également pas pour rien, Monsieur Le Premier Ministre, que l’élite de nos joueurs, les Grand Maître, Maîtres Internationaux, Maîtres FIDE (Fédération Internationale des Echecs) et classés au niveau international se sont retirés de la scène échiquéenne nationale. Les cinq ligues d’échecs qui protestent à l’unisson contre la gestion calamiteuse du président fédéral, n’est pas non plus pour rien. Enfin ce n’est pas pour rien que les meilleurs cadres de notre sport dont la plupart ont 30, 20, 10 ans d’expérience échiquéenne (arbitres, entraîneurs, formateurs, etc) ont posé la clé sous le paillasson. Un gâchis. Un vrai !
En outre les accusations portées sur le site « Maroc Echecs » (www.maroc-echecs.com) contre M. Mustapha Amazal, car il s’agit de lui, président de la Fédération Royale Marocaine sont de diverses natures les unes plus graves que les autres : falsifications de documents officiels, faux et usage de faux, signatures contrefaites. La justice, bien évidemment, est déjà saisie de certaines de ces affaires. D’autres certainement suivront le même sens. Un audit indépendant au sein de la FRME est aujourd’hui plus que nécessaire.
Etes vous au courrant, Monsieur Le Premier Ministre, du « blocage » dernièrement de 6 joueurs marocains durant six jours à Gibraltar au terme d’un Tournoi International ? Des nationaux qui, sans l’aide de l’amicale locale des travailleurs marocains et de certaines personnes étrangères bienveillantes auraient pu connaître un sort plus délicat que celui qu’ils ont vécu. Aucune tentative de la FRME pour les sauver de leur mauvaise situation…
Oui, Monsieur Le Premier Ministre, vous me direz qu’il il y a l’assemblée générale de la FRME, organe suprême de notre sport qui est à même de prendre les décisions et les mesures qui s’imposent.
Oui effectivement, mais c’est là ou le bât blesse.
Sachez, Monsieur Le Premier Ministre, que la dernière assemblée générale ordinaire de la FRME a entériné des décisions horribles manquant de maturité. Car en réalité l’art argumentaire abstrait du président fédéral a dévié la vérité avec une finesse subtile et irréelle dans un autre contexte personnel trompant l’assistance lors de cette fameuse AGO qui restera dans l’histoire de notre sport.
Sachez aussi, Monsieur Le Premier Ministre, que nous attendons toujours la tenue de l’assemblée générale ordinaire. Les activités nationales n’ont pas encore débuté ! Cette AGO se tiendra t-elle ? Pourquoi ce retard sans précédent ? Est-ce la « campagne » tout azimut du président auprès des ligues pour renverser les contestataires et y mettre ses hommes… qui retarde cette tenue de l’AGO ? Des questions sans réponses qui préludent sans aucun doute une prochaine AGO (si elle se tient) houleuse, explosive.
Les structures fédérales sont faibles, Monsieur Le Premier Ministre, les clubs et associations d’échecs nationaux rament d’année en année comme ils le peuvent sans moyens stables, les besoins sont grands. Nos dirigeants des clubs nationaux sont las de la situation que subit éternellement notre sport en raison d’un manque de volonté de structuration stable de la FRME qui, elle, appelle à plus d’argent.
Imaginez vous, Monsieur Le Premier Ministre, que la prochaine AGO soit l’image de la précédente et que le gâchis se poursuit avec M. Mustapha Amazal à la tête de la FRME. Une fédération sans son élite des joueurs internationaux, sans ses meilleurs cadres et clubs, avec une image décrédibilisée devant les instances internationales échiquéennes. Une fédération vidée de sa sève en proie à la contestation et à la justice. Par la cause d’un homme. Comment pourra-t-elle évoluer ? On le devine aisément. Ce n’est pas ce que vous souhaitez, Monsieur Le Premier Ministre.
En tant que citoyen marocain oeuvrant dans les échecs marocains depuis trente années, sans arrêt, avec les sacrifices inhérents : Ayant fait le choix de rester dans mon pays pour lui apporter ma modeste contribution dans des domaines précis, alors que ma famille se trouve en France. Ayant une situation sociale qui ne correspond pas à mon apport et qui me fait vivre le plus difficilement du monde. Embarquant ma petit famille dans ce monde difficile. Ayant une santé précaire, mais une volonté forte et patiente de servir l’intérêt général. Je ne puis rester malheureux et indifférent par ce qui ce passe de terrible et de nuisible à la tête de la FRME.
Puissiez vous intervenir, Monsieur Le Premier Ministre, pour rétablir l’image propre de notre noble sport. C’est une nécessité. Vous contribuez à la construction de notre pays. Je ne veux pas qu’on détruise notre sport. Car, à mon modeste niveau, j’ai trop souffert pour lui.
Boujemâ Kariouch Cadre national
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